Qui était mademoiselle Pauline Houdoy, bienfaitrice de La Bassée ?

Qui était mademoiselle Pauline Houdoy, bienfaitrice de La Bassée ?

   Pauline Houdoy naquit le 1er mai  1824 à La Bassée, fille d’Etienne Eloy (° La Bassée 1774 – + La Bassée 1851), médecin, ancien chirurgien major des armées  et de Pauline Sophie Proost (° Haisnes 1790 – + La Bassée 1844).

  Le grand père de Pauline, Jean Joseph Houdoy, aussi natif de La Bassée, était boulanger près de la halle échevinale (Ancienne Mairie), son arrière- grand-père originaire de Carvin occupait  le cabaret  de « L’écu d’Artois » à l’entrée de la rue de Lens à La Bassée  (Côté route de Béthune).

  Restée célibataire, fille unique et seule héritière de Wallerand Eloy Benjamin Proost (1792-1856), son oncle, premier adjoint de la ville, Pauline était à la tête d’une immense fortune.    Propriétaire foncière dans une trentaine de communes du Nord /Pas de Calais et rentière, elle demeurait en 1906 au bas de la grand place avec Marie Le Behan sa Dame de compagnie et Virginie Béra sa jeune domestique.

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Le financement de l’hospice (Hôpital).

  Lors de la réunion du conseil municipal du 11 mai 1854 le Maire donne lecture de la délibération prise par la commission administrative de l’hospice, décidant la reconstruction de ses bâtiments construits au début du XVIIIe et qui sont hors d’aplomb, totalement salpêtrés et menacent ruine. Il ajoute que les bâtiments ne répondent plus au temps ni aux besoins de l’administration, ni même de la population qui augmente de jour en jour, qu’il n’existe dans cet établissement ni salle de bains, ni infirmerie, ni salle des morts, que les latrines sont communes aux deux sexes ainsi que la cour, qu’enfin la plupart des services sont confondus. Pour cette reconstruction, le conseil municipal vote donc à l’unanimité la somme de 10 000 francs payable à l’hospice en dix annuités de mille francs chacune, sachant que le premier paiement sera fait dans le cours de l’année qui suivra la réception provisoire des bâtiments.

  Il s’avère que deux ans plus tard, en 1856, Mademoiselle Houdoy hérite de son oncle, Wallerand Proost. Elle fait donation de la bibliothèque de ce dernier à la mairie de la ville, et cède à l’hospice la somme de 10 000 francs ainsi que  26 hectares de terres, à condition que soient dites chaque année à perpétuité dans la chapelle de l’hospice, deux messes, auxquelles devront assister tous les Pauvres valides dudit établissement. Les messes seront dites l’une le cinq mai (Date anniversaire du décès de son oncle), l’autre le cinq novembre (Six mois plus tard).

  Lors de la réunion du conseil municipal du 12 novembre 1860,  Monsieur le Maire rappelle que le conseil a voté en faveur de l’hospice la somme de  de 10 000 francs payable en dix annuités de mille francs chacune, dont l’administration municipale n’a fait à ce jour que payer les intérêts des annuités échues.  Avec cette somme et la  donation de Mademoiselle Houdoy  l’hospice se trouve désormais dans un état de finances qui dépasse tous ses besoins et dans une position de fortune tout à fait exceptionnelle. En conséquence il invite la commission de l’administration de l’hospice à renoncer à la somme annuelle de mille francs pendant dix ans, qui lui a été accordée par la ville en 1854. La commission, accepte à condition toutefois que les charges qui étaient attachées à ce vote de fonds deviennent nulles et sans effet et émet le vœu qu’il plaise à l’administration municipale de faire de son côté l’abandon de 225 francs, prix de la cession d’une cloche, faite par la ville et qui sera placée dans le campanile dudit hospice (Cette cloche d’un poids de 75 kg qui sonnait les heures au carillon de l’hôtel de ville avait été remplacée en 1850 par une autre nettement plus lourde).

 La reconstruction de l’hospice sera donc financée par Mademoiselle Houdoy !

  C’est cette année-là que fut constituée la société des Dames dites de «l’Œuvre de  la Maternité » dont Mademoiselle Houdoy devint la Présidente. Elle consistait à réserver continuellement deux lits disponibles à l’infirmerie pour recevoir temporairement les Pauvres des deux sexes qui tomberaient malades à La Bassée et à nommer l’une des sœurs attachée à cet établissement qui se transporterait chaque jour au domicile des Pauvres de la commune pour les visiter et prodiguer les soins que leur état pourrait réclamer.

En 1883, la Commission de l’hospice, en accord avec Mademoiselle  Houdoy mettent en vente plusieurs pièces de terres à Verchocq qu’ils possèdent en indivision.  Le bénéfice de la vente s’élèvera à 7927,50 francs et reviendra dans sa totalité à l’administration de l’hospice.

Elle fit d’autres dons à l’hospice (5000 francs en 1880, 5000 francs en 1881 pour création de nouveaux lits), aux bureaux de bienfaisance et aux églises de La Bassée et d’Haisnes.

   Pauline Houdoy testa devant Maître Buisine à La Bassée le 15 octobre 1894 avec codicille  le 30 novembre 1900, laissant tous ses biens à l’hospice et au bureau de bienfaisance.

     Elle décéda  le 2 mai 1908, chez elle au bas de la grande place à 7 heures du matin, et fut inhumée dans le caveau de famille, le 5 mai, non loin du calvaire.

L’habitation de Mademoiselle Houdoy au bas de l a grande place

L’hospice de la ville en 1900
Faire part de décès de Melle Houdoy

Sa tombe au cimetière de La Bassée, proche du calvaire